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De l'attente aux résultats

Attente et résultats des concours au Burkina Faso : le récit du Building Lamizana
Prépa Concours Directs & Pro — Examens blancs d'Élite
Témoignage • Deuxième partie

L'attente et les résultats des concours

Ce qui se passe entre la composition et l'affichage au Building Lamizana : les nuits agitées, les rumeurs, la foule devant les affiches — et la leçon à en tirer.

Ceci est la suite de la page « Comment réussir aux concours ». Maintenant que les résultats tombent, je vais laisser quelques lignes sur l'attente des postulants aux différents concours de la Fonction publique, jusqu'au jour de l'affichage des résultats au Building Lamizana. Il s'agit ici de l'expérience de quelques amis, et de la mienne aussi.

L'essentiel en quatre points

  • L'attente est longue et éprouvante. Entre la composition et la proclamation, les nuits sont agitées et les rumeurs circulent : il faut s'y préparer mentalement.
  • N'engagez aucune dépense sur une réussite non confirmée. Des élèves ont dépensé la scolarité réunie par leurs parents avant de constater leur échec.
  • Lisez d'abord l'intitulé du concours, avant de chercher votre nom. Beaucoup se croient recalés parce qu'ils sont devant la mauvaise affiche.
  • Vérifiez deux fois avant d'annoncer. Contrôlez la liste (admis ou attente), le numéro de votre pièce d'identité et celui de votre récépissé de dépôt.

Après la composition : la guerre n'est pas finie

Des séquelles de guerre — que dis-je, des séquelles de concours.

Après la composition, la guerre n'est pas encore finie chez le postulant qui n'a d'autre salut que de réussir à un concours au moins. Il reste toujours des séquelles de guerre — que dis-je, des séquelles de concours. Sa nuit est peuplée de rêves étranges et profonds, des rêves de réussite ou de défaite, en tout cas beaucoup plus les premiers que les seconds, quel que soit l'effort fourni pour répondre aux tests psychotechniques et aux tests de niveau.

Les années passées, quand on ne connaissait pas la date de publication, il n'était pas rare de voir chaque jour défiler un monde à la recherche de la moindre nouvelle affiche collée. Il fallait souvent parcourir des dizaines de kilomètres pour venir constater qu'il n'y avait aucune information. À l'époque, la proclamation se faisait fréquemment dans les premiers mois de la rentrée scolaire.

Ces résultats étaient capitaux : ils permettaient à chacun de savoir s'il continuerait à payer la scolarité, ou si cette année, au lieu de payer, c'est lui qui serait payé — car une fois admis au concours, on a droit à un pécule.

L'erreur qui coûte cher

Il n'était pas rare de voir certains élèves, confiants qu'ils réussiraient cette année-là, dépenser la scolarité que les parents avaient trimé pour réunir, puis constater leur déroute. Tant que votre nom n'est pas affiché sur la liste des admis, n'engagez aucune dépense fondée sur cette réussite.

Les rêves de situation

Ces rêves qui font tant de bien, et dont il faut pourtant se méfier.

On rêvera que l'on touche son premier pécule, que l'on est dans une nouvelle école de formation de son choix, que pour la première fois on nous respecte. On rêvera au premier vélo que l'on va se payer, ou à la première moto, aux conditions de vie qui vont changer. On rêvera que pour la première fois, on aide ses petits frères et sa famille au village, eux qui n'ont jamais cessé de nous soutenir…

On rêvera aussi d'offrir un cadeau à sa mère : une cuvette, une bassine, un pagne. On rêvera au premier bijou que l'on offrira à sa fiancée restée au village. On rêvera de ces bons rêves, ces rêves que l'on voudrait voir se réaliser, ces rêves que l'on a du mal à accepter comme tels, ces rêves qui nous font tant de bien, qui nous font planer, qui nous font léviter, qui nous font espérer, qui nous font croire — ces rêves de situation, ces rêves de postulants, et que sais-je encore ?

Très vite, on se rendra compte que ce ne sont que des rêves, et il faudra s'y faire pour ne pas s'y perdre.

Pour tout vous dire, l'attente sera longue et les nuits bien agitées pour la plupart des postulants : ceux qui n'ont d'autre choix que la réussite aux concours, ceux qui n'ont plus d'autres « sources d'espérance ». Pendant ce temps, les rumeurs iront bon train quant à la date de la prochaine proclamation.

Le jour de la proclamation

Ces résultats qui libèrent ou qui enchaînent.

Pour la majorité des postulants, dans les années antérieures, les résultats des concours de la Fonction publique étaient connus par surprise, par hasard. Heureusement, les choses s'améliorent au fil des ans — maturité et expérience obligent.

Ainsi, comme à l'accoutumée, le postulant qui, las d'attendre, faisait des crochets incessants au Building Lamizana découvrira un jour, en venant chercher des nouvelles, un attroupement anormal devant les affiches de ce grand bâtiment administratif.

Son cœur se crispera sur-le-champ, car il sait que les résultats sont affichés et qu'il devra affronter ses peurs pour connaître enfin ce qu'il a tant attendu : ces résultats qui libèrent ou qui enchaînent, ces résultats qui soulagent ou qui déçoivent, ces résultats si près et si effrayants.

Courageux, puisqu'il n'a d'autre choix que d'affronter la situation, le postulant se mêlera à la foule déjà présente et cherchera une petite place pour lire les entêtes des concours — car il faut le dire, ces jours-là sont des jours de grande affluence.

Suivez plutôt Benjamin, venu voir ses résultats. Et n'ayons pas honte : chacun de nous a eu sa période de traversée du désert.

Le récit de Benjamin au Building Lamizana

Une soirée entre désespoir et délivrance.

Ce soir-là, Benjamin prit son tacot, qu'il pédala difficilement pour rejoindre Kilwin, à la Zone des Ministères. Oh, combien ce vélo l'a soutenu dans ces moments difficiles ! Ce vélo qui le comprenait si bien, qui connaissait sa situation, qui crevait là où il fallait, et qui ne l'a jamais déçu.

Il arriva au Building et trouva un coin pour son vélo dans un parking de circonstance. Le prix du parking : cinquante francs. Il négocia et obtint une réduction à vingt-cinq francs, acceptable pour un vélo, puis réussit à se faufiler dans la foule pour arriver à la première affiche : Contrôleur des Douanes. Comme il n'avait pas participé à ce concours, il lui fallut sortir de ce groupe pour aller voir d'autres affiches.

Il réussit tant bien que mal à s'extirper de la masse compacte qui s'était formée derrière lui. Pour ne pas subir le même sort qu'à la première affiche, il se renseigna auprès d'un ami pour savoir où l'on pouvait lire le résultat des Techniciens Supérieurs en Génie Civil. L'endroit lui fut montré. Il eut encore plus peur qu'avant, car là-bas se trouvait son résultat, sa situation.

Il parvint tout de même à s'approcher, puis, d'un coup d'œil comme il en a l'habitude avec les tests psychotechniques, il ne vit rien. Avait-il échoué ? Il regarda la liste d'attente et ne vit rien non plus. Cette fois-ci, il avait complètement échoué ! Quel malheur, quelle misère. Il repensait déjà à toutes ces heures de travail, tous ces mois de privations et de prières, toute cette concentration, toute cette souffrance, toutes ces humiliations. Quel désespoir, quelle malchance ! Il rumina toute sa vie, immobile, devant cet écriteau plein de noms inconnus.

Il se résolut à accepter sa défaite, car il comprenait que les candidats étaient nombreux et que, même s'il était parmi les plus intelligents de son village, il était loin derrière à Ouagadougou, et plus loin encore à l'échelle du Burkina Faso. Il accepta que les autres fussent plus forts que lui et décida de partir, quand tout à coup son voisin s'écria : « Je suis admis au concours des Assistants aux Affaires Économiques ! Je suis admis, je suis admis, Dieu soit loué ! »

« Assistants aux Affaires Économiques ! Je n'étais donc pas à la bonne affiche ! Oh, Dieu soit loué, j'ai encore une chance », s'écria-t-il à son tour. Pendant que son voisin jubilait, Benjamin sortit du groupe et respira profondément. Comme en pareilles circonstances, il pria beaucoup Dieu de l'aider à avoir un concours, rien qu'un concours. Il se renseigna encore, et on lui indiqua une autre affiche. Il se dit que cette fois-ci, la première chose qu'il ferait serait de lire l'intitulé du concours.

Arrivé devant, il commença ainsi : « … sous réserve d'un contrôle approfondi, les candidats… de 10 Techniciens Supérieurs en Génie Civil ». Il se rapprocha et lut. Son souffle se coupa. Il criait ; enfin, il hurlait, il piétinait, bousculait ses voisins, remerciait Dieu. Il venait d'être admis au concours des Techniciens Supérieurs en Génie Civil, chose qu'il n'espérait plus un instant auparavant.

Il sortit du groupe, chanta sa réussite à qui voulait l'écouter, puis revint brusquement sur ses pas pour s'assurer qu'il avait bien lu la bonne liste, c'est-à-dire celle des admis et non la liste d'attente. Ses doutes se dissipèrent : il revit son nom à sa place, autrement dit sur la liste des admis. Il s'assura que c'était bien de lui qu'il s'agissait en vérifiant dix fois le numéro de sa carte d'identité et celui de son récépissé de dépôt de dossier. Il accepta que c'était bien lui.

Il enfourcha son vélo et partit annoncer la bonne nouvelle au monde entier. En chemin, il se sentit léger : ce vélo qu'il avait souvent toutes les peines du monde à pédaler roulait maintenant comme s'il avait un moteur, rapide et fluide. En circulation, Benjamin se sentit important — normal, puisqu'il venait de décrocher un concours. Il faisait très attention à ces taximen qui provoquaient pas mal d'accidents : se faire écraser au soir d'une réussite si grande, Benjamin ne comptait pas se laisser emporter ainsi. Il comptait bien profiter du fruit de son travail.

Ce jour-là fut un jour de grande prudence pour lui. Mais quand il arriva au rond-point du 2 octobre, Benjamin se demanda s'il ne rêvait pas. Ah, encore ces maudits rêves qui le torturaient tout le temps ! Il se pinça pour s'assurer que c'était bien lui, et il sentit la douleur. Mais il se rappela ses cours de psychologie, selon lesquels une envie très forte peut créer cet état de rêve éveillé. Il se dit que rien ne lui coûterait d'aller vérifier encore, car ce ne serait jamais à son honneur d'annoncer à la famille une fausse nouvelle.

Il repartit de plus belle à l'assaut du Building Lamizana et vit que son nom était là, toujours à la même place, avec les mêmes numéros. Cette fois, c'était vraiment vrai : il venait de réussir au concours. Il donna la bonne nouvelle à son oncle et appela au village pour transmettre la même information. Quelques jours après, son frère l'informa qu'il avait entendu son nom à la radio pour un autre concours, celui des Préparateurs d'État en Pharmacie. Mais pour Benjamin, cela n'avait plus d'importance, puisque son choix était déjà fait. Néanmoins, jusqu'à la rentrée, Benjamin ne cessa de faire de ces rêves d'avant et d'après proclamation des résultats.

Les leçons à retenir

Ce que ce récit apprend à tout candidat.

Lisez l'intitulé avant de chercher votre nom. C'est l'erreur qui a fait croire à Benjamin qu'il avait échoué : il cherchait son nom sur l'affiche d'un autre concours. Devant la foule et sous la pression, on saute cette étape évidente.

Distinguez liste des admis et liste d'attente. Les deux figurent souvent sur la même affiche. Un nom sur la liste d'attente n'est pas une admission : c'est une position conditionnelle.

Vérifiez vos numéros avant d'annoncer. Les homonymes sont fréquents. Contrôlez le numéro de votre pièce d'identité et celui de votre récépissé de dépôt : c'est ce qui distingue votre ligne de celle d'un candidat portant le même nom.

Ne dépensez rien sur la foi d'une espérance. Le pécule n'arrive qu'après l'admission définitive et l'entrée en formation. Jusque-là, la scolarité et les charges restent à payer.

Questions fréquentes

Ce que demandent le plus souvent les candidats.

Où sont affichés les résultats des concours de la Fonction publique au Burkina Faso ?

Historiquement, les listes étaient placées sur les panneaux du Building Lamizana, à Ouagadougou, où les candidats se rendaient en personne. Aujourd'hui, la publication est également relayée par les canaux officiels et en ligne, ce qui évite les déplacements inutiles.

Quelle est la première chose à vérifier devant une affiche de résultats ?

L'intitulé exact du concours, avant même de chercher son nom. Beaucoup de candidats se croient recalés parce qu'ils lisent l'affiche d'un concours auquel ils n'ont pas participé.

Quelle différence entre la liste des admis et la liste d'attente ?

La liste des admis désigne les candidats reçus au concours. La liste d'attente regroupe les suivants immédiats, susceptibles d'être appelés en cas de désistement. Figurer sur la seconde n'équivaut pas à une admission.

Comment s'assurer que le nom affiché est bien le sien ?

En vérifiant le numéro de la pièce d'identité et celui du récépissé de dépôt de dossier, qui accompagnent généralement le nom sur la liste. Les homonymes sont fréquents.

Peut-on réussir à plusieurs concours la même année ?

Oui. C'est même l'un des intérêts de déposer plusieurs dossiers. Il faut alors choisir une seule formation : dans ce récit, l'auteur a été admis en Génie Civil et en Préparateur d'État en Pharmacie, et a retenu le premier.

Combien de temps dure l'attente entre la composition et les résultats ?

Elle a longtemps atteint plusieurs mois, la proclamation intervenant souvent après la rentrée scolaire. Les délais se sont améliorés avec la modernisation des procédures, mais il faut toujours prévoir une période d'attente significative.

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KAMBOU Benjamin Ancien candidat devenu ingénieur • BF Prépa Concours, Ouagadougou
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Date de dernière mise à jour : 22/08/2026

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